J’ai repris mes tickets de caisse de juin et de juillet, et le compte n’y était pas. L’Insee annonce des prix alimentaires presque sages. Mon panier, lui, avait grossi. J’ai fini par comprendre où passait la différence.
- 1 Pourquoi mon ticket monte alors que l’inflation alimentaire ralentit
- 2 Les quatre leviers, classés par ce qu’ils demandent
- 3 La liste : je la fais dans l’autre sens
- 4 Lire les prix comme un agent de la DGCCRF
- 5 Le gaspillage, ce poste qu’aucun ticket ne montre
- 6 Trois questions qu’on me pose à chaque fois
- 7 Ce que je garde de l’exercice
Pourquoi mon ticket monte alors que l’inflation alimentaire ralentit
Parce que la moyenne cache le rayon frais. Dans ses résultats provisoires de juillet 2026, l’Insee mesure une hausse des prix alimentaires de 0,9 % sur un an, mais de 3,8 % pour les seuls produits frais, contre 2,7 % le mois précédent.
Autrement dit, plus votre panier ressemble à des fruits, des légumes et du poisson, moins la statistique nationale vous parle. C’est exactement mon cas, et ça explique mon écart de perception.
Mon carnet de courses
- Faire l’inventaire du frigo avant la liste, pas l’inverse.
- Comparer au prix au kilo ou au litre, jamais au prix affiché en gros.
- Vérifier la mention de réduction de quantité, obligatoire depuis juillet 2024.
- Distinguer une DLC d’une DDM : la seconde n’impose rien de jeter.
Les quatre leviers, classés par ce qu’ils demandent
Tous ne se valent pas. Certains coûtent dix minutes une fois par semaine, d’autres réclament juste un réflexe en rayon. Voilà comment je les hiérarchise depuis que je tiens mes comptes.
| Levier | Où il se joue | Ce qu’il demande |
|---|---|---|
| Liste construite sur l’existant | À la maison, avant de partir | Dix minutes, frigo et placards ouverts |
| Arbitrage marque distributeur | En rayon, produit par produit | Accepter de tester, et de renoncer parfois |
| Lecture du prix au kilo | Sur l’étiquette de gondole | Un réflexe, zéro minute une fois pris |
| Anti-gaspillage | Dans la cuisine, toute la semaine | De l’organisation, et un peu de mémoire |
La liste : je la fais dans l’autre sens

Je ne pars plus des repas de la semaine. Je pars de ce qui traîne déjà. J’ouvre le frigo, le congélateur et le placard, je note ce qui doit être mangé en priorité, et je construis les menus autour.
La liste de courses ne vient qu’après, pour compléter les trous. Ça paraît anodin. Sur un mois, ça supprime les doublons de pots de moutarde et les paquets de riz achetés par réflexe.
Petit détail qui compte : je range ma liste par rayon, dans l’ordre du magasin. Moins d’allers-retours, moins de temps sur place, moins d’occasions de craquer.
Lire les prix comme un agent de la DGCCRF

Le prix affiché en gros ne sert à rien pour comparer. Le seul chiffre comparable est le prix à l’unité de mesure, en petits caractères sur l’étiquette de gondole. Son affichage est obligatoire, encadré par l’arrêté du 3 décembre 1987, précisé pour les produits préemballés par celui du 16 novembre 1999.
Deuxième réflexe, la réduflation. Depuis le 1er juillet 2024, un arrêté du 16 avril 2024 impose aux magasins de plus de 400 m² d’afficher près du produit toute baisse de quantité à prix égal ou supérieur, pendant deux mois. L’amende administrative peut atteindre 15 000 euros.
Troisième réflexe, le prix barré. L’article L.112-1-1 du code de la consommation impose depuis mai 2022 que le prix de référence affiché soit le plus bas pratiqué dans les trente jours précédents. Une promotion qui compare à un tarif jamais appliqué n’est pas une promotion.
Sur les marques de distributeur, l’arbitrage n’a rien d’anecdotique : elles pesaient 45,5 % du marché en volume sur les produits de grande consommation en 2025 selon NielsenIQ. Je teste produit par produit, je garde ce qui tient la route, je reviens sur le reste.
Le gaspillage, ce poste qu’aucun ticket ne montre

C’est le levier que j’ai sous-estimé le plus longtemps. D’après les chiffres 2023 du ministère de la Transition écologique, la France produit 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires par an, soit 142 kg par personne. Les seules parties comestibles représentent 3,8 millions de tonnes, environ 55 kg par habitant. La consommation à domicile en concentre 31 %.
Une bonne partie de ce gâchis vient d’une confusion de dates. La DLC, « à consommer jusqu’au », est une limite sanitaire à respecter. La DDM, « à consommer de préférence avant », signale une perte de qualité, pas un danger : le décret n° 2022-1440 du 17 novembre 2022 autorise même une mention complémentaire pour le rappeler sur l’emballage.
Côté magasin, la loi Garot de février 2016 interdit aux surfaces de plus de 400 m² de rendre impropres à la consommation des invendus encore consommables, et les oblige à proposer une convention de don à une association. Les paniers anti-gaspi vendus en fin de journée sortent en partie de cette logique.
Trois questions qu’on me pose à chaque fois
Acheter en gros fait-il vraiment économiser ?
Seulement si le prix au kilo baisse et si le produit est réellement consommé avant sa date. Un grand format jeté à moitié coûte plus cher qu’un petit format terminé.
Faut-il faire ses courses le ventre plein ?
C’est une recommandation de bon sens sur les achats d’impulsion, pas une donnée que je peux chiffrer. Je la range dans les habitudes utiles, pas dans les preuves.
Le drive coûte-t-il plus cher que le magasin ?
Pas nécessairement, et il supprime la tentation des têtes de gondole. En revanche, les frais de préparation et les seuils de commande minimale varient beaucoup d’une enseigne à l’autre : c’est là qu’il faut regarder.
Ce que je garde de l’exercice
Trois des quatre leviers ne demandent aucun sacrifice sur la qualité de l’assiette. Ils demandent juste de décider avant d’entrer dans le magasin, pas devant le rayon. Pour aller plus loin enseigne par enseigne, j’ai détaillé mes réflexes dans mes astuces pour économiser sur les courses chez Carrefour. Et si le poste alimentaire n’est qu’une pièce du puzzle, la méthode pour établir un budget mensuel réaliste reste le point de départ.
Une astuce de caisse à me souffler ?
Racontez-moi votre meilleur réflexe en rayon, j’en teste toujours de nouveaux.
Article publié en février 2023, entièrement réécrit le 12 août 2026. Sources consultées en août 2026 : Insee, informations rapides du 31 juillet 2026 (résultats provisoires, définitifs annoncés au 14 août) ; ministère de la Transition écologique, chiffres du gaspillage alimentaire 2023 ; arrêtés du 3 décembre 1987 et du 16 novembre 1999 sur le prix à l’unité de mesure ; arrêté du 16 avril 2024 sur la réduflation ; article L.112-1-1 du code de la consommation ; décret n° 2022-1440 ; NielsenIQ pour la part de marché des marques de distributeur en 2025.