148 013 dossiers de surendettement ont été déposés en France en 2025, soit près de 10 % de plus que l’année précédente selon la Banque de France. Ce chiffre m’a fait ressortir mes vieux tableaux. Un budget mensuel ne protège pas de tout, mais il vous dit au moins où vous en êtes avant que quelqu’un d’autre vous l’apprenne.
Les quatre règles que je ne transgresse plus
- Les primes, heures supplémentaires et revenus incertains n’entrent pas dans le budget, jamais.
- Les dépenses annuelles se divisent par douze et se provisionnent chaque mois.
- Un budget à l’équilibre exact n’est pas équilibré : il n’absorbe aucun imprévu.
- Un accompagnement gratuit existe, avec 500 Points conseil budget labellisés par l’État.
Étape 1 : ressortir douze mois de relevés
Un budget construit de mémoire est faux, systématiquement. Il faut douze mois de relevés bancaires et de relevés de carte, téléchargeables depuis l’espace client de votre banque, ou demandés à votre agence.
Pourquoi douze et pas trois ? Parce que les dépenses les plus douloureuses sont annuelles et invisibles sur un trimestre. L’assurance habitation, la taxe foncière, le contrôle technique, les cadeaux de fin d’année, la rentrée scolaire : sur trois mois, aucune de ces lignes n’apparaît.
Étape 2 : compter uniquement l’argent certain
Le revenu à inscrire est celui qui tombe quoi qu’il arrive. Un salaire mensuel net s’inscrit tel quel. Un salaire annuel se divise par douze. Un revenu indépendant se calcule sur la moyenne des douze derniers mois, en retenant plutôt la fourchette basse.
Ce qui n’y entre pas : les primes, les heures supplémentaires, le treizième mois, une rentrée d’argent espérée. C’est l’erreur numéro un des débutants, et elle transforme un budget en liste de vœux. Ces sommes existent, elles arriveront peut-être, mais elles se traitent comme des bonus à affecter au moment où elles tombent.
Les revenus réguliers autres que le salaire ont bien leur place : pension alimentaire, prestations, loyer perçu, tant qu’ils sont récurrents et prévisibles.
Étape 3 : lister les dépenses, du crédit au café
Les dépenses se rangent en trois blocs, dans cet ordre, parce que le premier n’est pas négociable et que le dernier l’est entièrement.
Les engagements d’abord : loyer ou crédit immobilier, crédits à la consommation, location de voiture, assurances, mutuelle. Chaque ligne se note séparément avant d’être totalisée, sinon on perd de vue laquelle pèse le plus.
Les charges courantes ensuite : eau, électricité, gaz, téléphone, internet, transports, courses. Les factures des douze derniers mois donnent une moyenne mensuelle bien plus fiable qu’une estimation au doigt mouillé.
Les dépenses ponctuelles enfin, celles qui ne tombent pas tous les mois mais qui tombent quand même : anniversaires, vacances, réparations prévisibles, vêtements de saison. Posez un calendrier de janvier à décembre, affectez un montant à chaque mois, puis divisez le total par douze pour obtenir la provision mensuelle.
Étape 4 : arbitrer, avec une clé de répartition
Une fois les deux colonnes remplies, soustrayez les dépenses des revenus. Un solde nul n’est pas un bon résultat : il signifie qu’aucun imprévu n’est absorbable et qu’aucune épargne ne se constitue.
Pour savoir où couper, la clé la plus connue reste la répartition 50/30/20, popularisée en 2005 par Elizabeth Warren et Amelia Warren Tyagi dans leur livre All Your Worth. Elle répartit le revenu net entre besoins, envies et épargne ou remboursement de dettes.
| Poste | Part du net | Sur 2 000 euros | Ce que ça couvre |
|---|---|---|---|
| Besoins | 50 % | 1 000 euros | Logement, énergie, courses, transport, assurances |
| Envies | 30 % | 600 euros | Sorties, abonnements, vêtements, loisirs |
| Épargne et dettes | 20 % | 400 euros | Provisions, épargne de précaution, remboursements anticipés |
Cette clé est un repère, pas une loi. Dans les zones où le loyer dépasse à lui seul 40 % du net, les 50 % de besoins sont intenables, et c’est la part « envies » qui absorbe l’écart. L’intérêt de l’exercice est ailleurs : il montre du premier coup d’œil quel bloc a dérapé.
Sur quel support, et avec quelle discipline
Le support compte moins que la régularité. Un tableur Excel, un cahier, une application de suivi : les trois fonctionnent, à condition d’ouvrir le fichier. Ce que je conseille, c’est de garder une trace consultable sans écran, ne serait-ce qu’une feuille imprimée dans un classeur, parce qu’un budget qu’on ne voit jamais n’existe pas.
Deux réflexes rendent tout le reste plus simple. D’abord, surveiller les frais qui s’ajoutent quand le compte tangue : ce sont les plus faciles à réduire une fois repérés, et j’ai détaillé la marche à suivre dans mon guide pour diminuer ses frais bancaires. Ensuite, ne pas rester seul : les Points conseil budget, au nombre de 500 sur le territoire, proposent un accompagnement gratuit, confidentiel et labellisé par l’État, ouvert à tous et pas seulement aux personnes en difficulté.
Si la méthode complète vous paraît lourde pour un premier essai, j’en ai décrit une version raccourcie dans mon article sur la façon d’établir un budget mensuel facile et rapide, à faire en une seule session.
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Chez moi, ce sont les abonnements oubliés. Dites-moi le vôtre sur les réseaux, je compile les pires.
Article publié en 2016, entièrement réécrit et mis à jour le 16 août 2026. Sources consultées en août 2026 : Banque de France pour les chiffres 2025 du surendettement, solidarites.gouv.fr et Unaf pour les Points conseil budget, Elizabeth Warren et Amelia Warren Tyagi, All Your Worth (2005) pour la répartition 50/30/20. Ce contenu est une information générale de gestion budgétaire et ne remplace pas l’avis d’un conseiller ou d’un travailleur social.

