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Canicule au travail : comment l’affronter ?

La canicule, c’est la plaie des temps modernes. La canicule, c’est une vague de très forte chaleur, qui rend les gestes quotidiens difficiles à effectuer, et met en danger la santé de personnes fragiles, telles que les enfants ou les personnes âgées, ou celle des salariés enfermés dans des bureaux non climatisés et des travailleurs de force. Pour mériter ce nom, une canicule doit durer plusieurs jours et plusieurs nuits. La période à risques s’étend bien sûr du 15 juillet au 15 août. La nuit, la température doit être supérieure à 18-20 degrés Celsius. Le jour, elle doit dépasser les 30-35 degrés. Comme il faut bien continuer de vivre, et notamment de travailler, il est important de connaître quelques bons réflexes pour se préserver.
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Les obligations des employeurs face à ce risque

Il y a actuellement quatre niveaux d’alerte, qui correspondent à une montée en charge progressive de la vigilance sanitaire gouvernementale auprès des populations. Le niveau 3 est celui de l’alerte canicule, il invite les populations à se préparer à affronter des températures élevées et à ne pas avoir d’attitude à risque. Le niveau 4 est celui d’une mobilisation maximale et citoyenne, notamment pour mettre à l’abri de la chaleur et hydrater les personnes sensibles, telles que les enfants, les femmes enceintes ou les personnes âgées. C’est météo France qui alerte ainsi les populations, en général et sur tout le territoire.

Mais qu’en est-il de la vigilance des employeurs face à leurs salariés ?
En cas de canicule, l’employeur a diverses obligations envers ses employés. Les normes en la matière sont posées par le code du travail et les conventions collectives particulières. Une vigilance particulière est d’abord apportée aux horaires de travail. Ils doivent être adaptés en fonction des phases de très forte chaleur. Par exemple, sur les chantiers, le travail va pouvoir débuter à 6 heures du matin, au lieu de 8 heures.

La température de l’air et l’exposition au soleil sont également prises en compte. Selon l’article L.4121-1 du Code du travail, l’employeur doit prendre « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». L’article R.4213-7 précise : « les équipements et caractéristiques des locaux de travail sont conçus de manière à permettre l’adaptation de la température à l’organisme humain pendant le temps de travail ». Concrètement, cela impose un renouvellement régulier de l’air dans les locaux, et une protection face au soleil, pour éviter l’exposition des salariés à des températures insupportables.

Enfin, la fourniture en eau potable doit être assurée. Le Code du travail impose à l’employeur de fournir de l’eau à tous ses employés. Ainsi, dans le secteur du BTP, les employeurs ont l’obligation de mettre à la disposition de leurs salariés un local ventilé pour le repos, et de l’eau en quantité suffisante.

Parfois, le simple bon sens vient prendre le relais. Ainsi, si le code du travail français ne fixe aucune limite maximale de température, au-delà de laquelle il pourrait être interdit de travailler, les autorités sanitaires recommandent toutefois de cesser de travailler au-delà de 30 degrés Celsius pour les activités sédentaires, et au-delà de 28 degrés en cas d’activité physique soutenue. La Caisse nationale d’assurance maladie évoque la possibilité pour les salariés de quitter les locaux si la température intérieure dépasse les 34 degrés, et si la climatisation ne fonctionne pas.

Tout accident du travail lié à de fortes températures doit faire l’objet d’un document supplémentaire d’évaluation des risques et de constat, présenté à l’assurance maladie du travailleur. L’absence de ce document entraîne une amende, d’un montant de 1 500 euros pour les personnes physiques, ou 7 500 euros pour les entreprises.

Si un employeur ne respecte pas ses obligations en cas de canicule, l’employé pourra saisir l’inspection ministérielle du travail, les délégués du personnel de l’entreprise, ou le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Un employeur pourrait même être accusé d’homicide involontaire, si l’un de ses salariés décédait du fait d’un non-respect des règles minimales de sécurité au travail.
Pour éviter les problèmes, la plupart des employeurs veillent actuellement à installer de nombreux points d’eau à l’intérieur des locaux, mettent des ventilateurs individuels à disposition des employés, et acceptent un nombre plus élevé de pauses en journées. En amont, beaucoup d’employeurs ont aussi veillé à mettre en place des formations aux premiers secours au sein de leur entreprise. Ainsi, en cas de problème, il est plus probable que les bons gestes pourront être prodigués rapidement.

Les bons réflexes à adopter

En cas de fortes chaleurs, pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions, ou tout simplement pour pouvoir vaquer à ses occupations quotidiennes, quelques règles s’imposent.

Il faut d’abord s’hydrater très régulièrement. C’est d’autant plus important que l’un des mécanismes de défense du corps face à de fortes chaleurs est une augmentation des sécrétions de glande sudoripares. L’évacuation peut aller jusqu’à environ 1 litre de sueur par heure, alors il est nécessaire de la compenser. Des vitamines et des minéraux vont aussi être évacués avec la sueur, ce qui affaiblit encore notre organisme.

Des urines de couleur trop foncée sont un signe clair de déshydratation. Il faut boire régulièrement, sans attendre d’avoir soif. L’eau pure est la meilleure des boissons, alors que les alcools ou le café sont à déconseiller. Il faut aussi, bien évidemment, éviter de s’exposer au soleil aux heures les plus chaudes, soit entre midi et 15 heures.

Il faut également, même au sein d’un bureau suffisamment ventilé, éviter de se fatiguer inutilement. La chaleur fatigue, et peut aggraver des pathologies déjà existantes, comme par exemple une mauvaise circulation sanguine, ou une faiblesse cardiaque. Dans le même temps, le débit sanguin est généralement augmenté par la chaleur. La canicule provoque généralement un gonflement des mains et des pieds et, dans les cas extrêmes, peut altérer l’état physique du travailleur au moins de provoquer une véritable syncope.

L’une des règles d’or, pour éviter un problème, est de se ménager une zone de fraicheur, un endroit à l’ombre et bien ventilé, ou l’on peut se reposer, au moins momentanément. Un linge humide suspendu devant une fenêtre peut aider à faire baisser la température à l’intérieur du local. Des signes physiques, observables chez les individus proches, doivent alerter.

Ils invitent à la pause fraicheur : un manque d’énergie chronique, une fatigue excessive, une perte d’appétit, des maux de tête ou des nausées, des crampes à répétition, voire un évanouissement, sont des appels clairs à la prudence. En cas de canicule, la vigilance au service des autres, que ce soit au sein d’une famille, d’un quartier ou d’une équipe de travail, est toujours de mise.

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Focus tenue vestimentaire : la sécurité doit prévaloir

En cas de canicule, le bon sens invite à se vêtir de vêtements plutôt légers, et amples. Certaines entreprises ont pris les devants, comme par exemple la SNCF ou la RATP, qui prévoient le port possible de bermudas et de chemisettes avec la saison chaude. Mais les tenues vestimentaires légères ne sont pas toujours compatibles avec les impératifs de tenues professionnelles de sécurité au travail.

Un vêtement professionnel est souvent un vêtement de protection, il n’est pas forcement léger ou ample. La plupart des chaussures de chantier de base ne sont ni légères, ni totalement aérées. Un casque de chantier ne peut jamais être remplacé par une simple casquette, et des crocs ne feront pas l’affaire pour remplacer des chaussures de sécurité.

C’est à l’employé de s’informer, en amont. Il doit veiller à se procurer, auprès des bonnes maisons de vêtements professionnels, une tenue de travail adaptée à la saison chaude, mais qui ne sacrifie pas pour autant à la sécurité. Si vous êtes à la recherche d’un vêtement de travail qui répond à ces exigences, nous vous conseillons le site Roi du tablier.

Un quart des salariés n’osent pas s’habiller léger

Le code du travail semble assez ouvert en matière de tenue vestimentaire professionnelle. L’article L.120-2 indique qu’un employeur ne peut imposer à ses employés des contraintes qui ne seraient pas «justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché».

En pratique pourtant, un certain conformisme social, et la peur de déplaire, vont amener la plupart des salariés à continuer de se vêtir de façon très classique, même en cas de forte chaleur. Car même si l’article L.4131-1 du Code du travail indique que l’employé peut exercer un droit de retrait et cesser immédiatement de travailler s’il estime que ses conditions de travail présentent un danger «grave et imminent pour sa vie», on comprend la difficulté, pour la plupart des salariés, d’expliquer à leur employeur que le port d’un pantalon plutôt qu’un short mettrait leur vie en péril. Il est également important, pour tout salarié, de continuer à garder une certaine crédibilité aux yeux de ses collègues de travail.

Exit donc, notamment pour ces messieurs, les tongs et les débardeurs sans manches pour aller au bureau… les timides vestimentaires se rabattront sur les temps de pauses allongés, les brumisateurs, les ventilateurs, les fontaines de bureau et les bouteilles d’eau.

Impact de la canicule sur certains secteurs

La canicule a évidemment un impact particulièrement fort sur les chantiers, dans les métiers de l’agriculture, ou les ateliers soumis à des rythmes particulièrement soutenus de travail. Les fortes chaleurs peuvent aussi affecter le matériel, et imposer de réduire la production ou le rythme de travail, comme par exemple dans les transports ferroviaires et aériens, pour éviter l’accident, ou dans le secteur de l’énergie produite par les centrales nucléaires, pour éviter la surchauffe.

1. Des secteurs endommagés

Les chantiers du BTP souffrent généralement des fortes chaleurs, car le rythme de travail est ralenti, et parfois même le travail impossible à certaines heures de la journée. Les commerces, la restauration, voient quant à eux leur chiffre d’affaire se réduire, par baisse de la fréquentation. Il fait tellement chaud que les clients se font plus rares. Dans le même temps, les congélateurs, climatiseurs et autres ventilateurs, fonctionnent à plein régime, entrainant un surcout pour leurs propriétaires.

2. Les grands gagnants

Les grands gagnants, ce sont bien évidemment les vendeurs de boissons, de ventilateurs et de climatiseurs. Leur aide n’est après tout pas de refus, pour arriver à supporter une véritable canicule au travail. Comme la canicule a tendance à revenir maintenant chaque été, on peut estimer que le niveau de préparation des équipes de salariés est en train de devenir acceptable, ou du moins il faut le souhaiter. Plusieurs décisions de justice ont récemment donné raison à des salariés, en estimant qu’un licenciement avait été abusif, car il réclamait de continuer le travail sur un toit d’immeuble et dans une chaleur insoutenable, ou par ailleurs en estimant le travail impossible, dans des locaux en préfabriqués mal ventilés et surchauffés. A bon entendeur, salut !

Le terme « canicule » nous vient de l’observation ancienne des étoiles, et de l’italien. Durant l’antiquité, Sirius, brillante étoile de la constellation du Grand Chien, se levait avant les fortes chaleurs. La canicule, ou « petite chienne », était née. Nous espérons être, à l’époque moderne, suffisamment préparés et équipés, pour nous prémunir contre ces aléas climatiques.

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