J’ai posé un thermomètre dans mon salon un soir de février, par curiosité. 21,5 °C. Deux degrés et demi au-dessus de ce que recommande l’ADEME, et je me demandais encore pourquoi ma facture montait. Depuis, je range mes astuces de chauffage par ordre de prix, du geste gratuit au chantier.
Par ordre de rentabilité
- 19 °C dans les pièces de vie, 16 à 17 °C dans les chambres. C’est gratuit et c’est le plus efficace.
- Vérifier son option tarifaire avant d’acheter le moindre équipement.
- Le petit matériel de calfeutrage se rentabilise en une saison, pas le triple vitrage.
- MaPrimeRénov’ a changé de règles au 1er janvier 2026 : l’isolation des murs seule ne suffit plus.
Ce que coûte vraiment un degré de trop
Un degré supplémentaire dans le logement représente environ 7 % de consommation de chauffage en plus, d’après l’ADEME. La moyenne vaut ce qu’elle vaut : elle dépend de l’isolation, du système de chauffage et des habitudes de chacun.
La température de référence, elle, n’est pas une suggestion de confort. L’article R241-26 du Code de l’énergie fixe la limite de chauffage à 19 °C en moyenne dans les locaux d’habitation, hors périodes d’inoccupation.
Les établissements de santé et les structures accueillant des personnes âgées ou de jeunes enfants bénéficient d’une limite plus haute, à 22 °C, fixée par l’arrêté du 25 juillet 1977. Pour un logement classique, la règle reste 19 °C.
Dans les chambres, l’ADEME situe le confort entre 16 et 17 °C. On dort mieux au frais, et c’est la pièce où le degré économisé se remarque le moins.
Étage 1 : les gestes qui ne coûtent rien
Les gestes gratuits agissent sur les pertes de chaleur, pas sur la production. Ils ne remplacent pas une isolation correcte, mais ils s’appliquent le soir même.
- Fermer volets et rideaux à la nuit tombée, pièce par pièce, avant que la température extérieure ne chute.
- Aérer 5 à 10 minutes par jour, fenêtres grandes ouvertes et radiateurs coupés, plutôt que de laisser une fenêtre entrouverte en continu.
- Dégager les radiateurs : un canapé collé devant renvoie la chaleur dans le dossier, pas dans la pièce.
- Purger les radiateurs à eau en début de saison, quand le haut reste froid alors que le bas chauffe.
- Fermer les portes des pièces peu chauffées, sinon la chambre à 17 °C se sert dans le salon à 19 °C.

Le geste que je sous-estimais le plus longtemps, c’est l’aération courte. Renouveler l’air sans refroidir les murs, ça change l’humidité de la pièce, et un air sec se chauffe plus vite.
Étage 2 : le petit matériel, sous 100 €
Le petit matériel de calfeutrage se rentabilise en une saison, contrairement aux gros équipements. On parle de bandes d’étanchéité, de boudins de porte, de rideaux épais et de panneaux réflecteurs à glisser derrière les radiateurs muraux.
Le thermostat programmable appartient à cette catégorie dès lors que l’installation s’y prête. Son intérêt n’est pas de chauffer mieux mais de chauffer moins souvent, en abaissant la consigne la nuit et pendant les heures de bureau.
Les robinets thermostatiques sur radiateurs à eau font le même travail, pièce par pièce. C’est la solution la moins chère pour arrêter de chauffer une chambre inoccupée toute la journée.
Étage 3 : l’option tarifaire, celle qu’on oublie
L’option tarifaire du contrat pèse autant que certains travaux, et elle ne coûte rien à changer. Le Tarif Bleu d’EDF est le tarif réglementé de vente, fixé par les pouvoirs publics sur proposition de la Commission de régulation de l’énergie.
Au 1er août 2026, sa grille s’établit ainsi pour un compteur de 6 kVA : 0,2001 € TTC le kWh en option Base, 0,2142 € en heures pleines et 0,1589 € en heures creuses, avec un abonnement de 190,32 € TTC par an.
Autrement dit, le kWh en heures creuses revient environ 20 % moins cher que le kWh en option Base. Le kWh en heures pleines, lui, coûte 7 % de plus. Le calcul se joue donc sur la part de consommation réellement déplaçable.
Pour un chauffage électrique à accumulation ou un ballon d’eau chaude programmable, l’arbitrage penche vite. Pour un logement chauffé au gaz avec peu d’usages décalables, l’option Base reste souvent la bonne.

Le suivi de consommation de l’espace client EDF sert exactement à ça : repérer les heures où la courbe monte, avant de décider si le décalage vaut le coup.
Étage 4 : le chantier, et ce qui a changé au 1er janvier 2026
Les travaux lourds relèvent de MaPrimeRénov’, l’aide publique gérée par l’Anah, et non d’EDF. Le barème dépend du revenu fiscal de référence, réparti en quatre catégories de ménages.
Deux changements comptent depuis le 1er janvier 2026. L’isolation des murs est sortie du parcours par geste simple : elle doit désormais s’inscrire dans une rénovation globale. Les chaudières biomasse et gaz, elles, ne bénéficient plus d’aide isolée.
Pour une pompe à chaleur air/eau, l’aide peut atteindre 5 000 € pour un ménage très modeste, 4 000 € pour un ménage modeste et 3 000 € pour un ménage intermédiaire. La pompe à chaleur air/air, elle, n’est pas éligible par geste en 2026.
Le tableau ci-dessous résume l’ordre dans lequel je prends les choses, avec ce que chaque étage change réellement.
| Étage | Coût de départ | Effet mesurable | Quand ça agit |
|---|---|---|---|
| Baisser la consigne de 1 °C | 0 € | Environ 7 % de consommation de chauffage en moins (ADEME) | Le soir même |
| Calfeutrage et réflecteurs | Quelques dizaines d’euros | Variable selon les fuites d’air réelles du logement | Sur la saison en cours |
| Passage en heures creuses | 0 € de matériel | 0,1589 € le kWh contre 0,2001 € en Base au 1er août 2026 | Dès la prise d’effet du contrat |
| Pompe à chaleur air/eau | Plusieurs milliers d’euros | MaPrimeRénov’ jusqu’à 5 000 € selon les ressources | Sur plusieurs saisons |
Faut-il couper le chauffage quand on part deux jours ?
Non, il vaut mieux le baisser que le couper. Relancer une installation dans un logement complètement refroidi consomme davantage que de maintenir une consigne réduite, autour de 16 °C, le temps de l’absence.
Les heures creuses sont-elles les mêmes partout ?
Non. Les plages horaires sont fixées localement par le gestionnaire de réseau et figurent sur la facture. Il faut les lire avant de programmer quoi que ce soit, sinon la programmation tombe à côté.
Un radiateur à inertie consomme-t-il moins ?
Pas en kilowattheures purs : un convecteur et un radiateur à inertie de même puissance consomment autant pour produire la même chaleur. L’inertie apporte un confort plus stable, ce qui permet en pratique de baisser la consigne d’un cran.
Voilà l’ordre que je respecte maintenant, du thermomètre au devis. Et comme le chauffage n’est pas le seul poste qui gonfle en hiver, j’ai aussi listé ailleurs les habitudes qui font vraiment baisser une facture d’électricité.
Une pièce toujours trop froide ?
Le réglage pièce par pièce change plus de choses que le réglage général.
Mis à jour le 5 août 2026. Sources consultées en août 2026 : grille du Tarif Bleu EDF au 1er août 2026 (0,2001 € le kWh en Base, 0,2142 € en heures pleines, 0,1589 € en heures creuses, abonnement 190,32 € par an pour 6 kVA) ; ADEME pour le repère de 7 % par degré et les températures de confort ; article R241-26 du Code de l’énergie et arrêté du 25 juillet 1977 pour la limite de chauffage ; barèmes MaPrimeRénov’ 2026 de l’Anah. Les tarifs de l’électricité évoluent plusieurs fois par an et les barèmes d’aides changent : vérifiez-les avant de vous engager. Ces informations sont générales et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel qualifié sur votre installation.
Sujets complémentaires à creuser : le calcul du seuil de rentabilité entre option Base et heures creuses, et le coût réel d’un audit énergétique de logement.